Shedra

2017 – 2018
Les quatre sceaux

Contexte

Ce shedra a été animé par Damien et Philippe

Il est inspiré par le livre “N’est pas bouddhiste qui veut” de Dzongsar Jamyang Khyentsé

Les quatre sceaux scellent la vue du Bouddha Dharma. Ils font partie des enseignements qui permettent de clarifier les choses

Cet enseignement définit le cadre dans lequel se produit notre chemin. Il scelle la vue de l’enseignement du Bouddha, dans toutes ses formes

 

Dates

 

4 octobre 2017
Damien – Présentation des quatre sceaux et le premier sceau
27 novembre 2017 Philippe – Contexte des quatre sceaux
29 novembre 2017 Damien – Le premier sceau
18 décembre 2017 Philippe – Vues bouddhistes et d’autres religions
20 décembre 2017 Damien – Le deuxième sceau
31 janvier 2018 Damien – Approfondissement du deuxième sceau
5 février 2018 Philippe – Comparaison Christianisme-Bouddhisme
14 février 2018 Damien – Le troisième sceau
5 mars 2018 Philippe – Ni nihilisme, ni éternalisme
21 mars 2018 Damien – Le troisième sceau – partie 2
4 avril 2018 Damien – Aucune chose n’existe en et par elle-même
14 mai 2018
Philippe – Madhyamaka rangtong et shentong
16 mai 2018 Damien – Le troisième sceau – partie 4
 6 juin 2018 Damien – Le nirvana est au-delà des concepts

 

Fichiers

Tous les fichiers

Tous les fichiers sous forme d’arborescence

Ce shedra est inspiré par le livre de Dzongsar Jamyang Khyentsé “N’est pas bouddhiste qui veut”

Damien a fait une introduction de ces quatre principes qui donnent une perceptive sur le sens profond de tout notre chemin et nous permettent de mieux comprendre ce qu’on fait quand on médite. Il a aussi commencé à parler du premier sceau. La soirée a été enrichie par plusieurs contemplations.

Être bouddhiste, c’est accepter les quatre vérités suivantes :
• Toute chose composée est impermanente.
• Toute émotion est douleur.
• Aucune chose n’existe en et par elle-même.
• Le nirvana est au-delà des concepts.

Les quatre sceaux scellent la vue du Bouddha dharma, l’enseignement du Bouddha. Ils s’adaptent à toute les formes du bouddhisme.

Pour qu’un chemin spirituel soit complet, il faut qu’il y ait le cercle vertueux : vue, méditation et action.

La vue c’est voir les choses telles qu’elles sont, dans leur nature véritable. Se préoccuper de la vue, c’est se préoccuper d’être en rapport avec la réalité.

On vit à coté de notre vie. On croit être dans la réalité, alors qu’on est simplement dans nos émotions, nos habitudes, nos conditionnements. À un moment, ça ne marche plus, et souvent cela devient de la souffrance. D’un autre côté, il y a une opportunité d’ouverture à ce moment-là, parce que notre mode de représentation a été complètement remis en cause, et on voit qu’il n’est pas adapté. Là, on peut s’ouvrir et on peut développer la vue.

On a des moments de vue, des moments de grâce, mais ça ne va pas durer, parce que la force de nos conditionnements est telle qu’on va revenir très vite à notre position initiale. C’est très frustrant quand on suit un chemin spirituel.

Il y a une vue par chemin spirituel, par yâna. Au sein même du bouddhisme, il y a plusieurs vues, méditations, actions. On pourrait aussi parler de vue, méditation, action dans d’autres voies spirituelles : chrétiennes, etc.

La méditation, c’est s’habituer à la vue, passer du temps avec ça. Méditer n’est pas ; s’y habituer est.

Quand on pense au chemin spirituel, on pense à la méditation et c’est ce qu’on fait en premier quand on va dans un centre. Ça a un sens qui est qu’on se relie d’abord à une expérience qui est de voir qu’on peut calmer l’esprit.

Vous pouvez vraiment pratiquer la méditation avec beaucoup de profondeur si vous comprenez la vue qui l’éclaire, parce que c’est une chose d’appliquer les instructions et s’en est une autre de comprendre pourquoi les instructions sont celles-là.

La méditation, c’est d’abord s’habituer à la vue, parce qu’on est fait d’abord d’habitudes et la plupart de nos habitudes sont basées sur l’ignorance. Avec la médiation, on prend des habitudes basées sur la sagesse, et toutes les instructions de méditations sont basées sur la vue.

La méditation, ça va être de dire “portez votre attention sur le souffle”. Parce que, dès qu’on prend une pensée pour une réalité solide, on revient au souffle. C’est la méditation, comme façon de s’habituer à la vue.

L’action c’est le fait que, parce qu’on s’est habitué à la vue par la méditation, dans le quotidien, notre être, nos actions, nos réactions vont être imprégnées de la vue, et ça va changer quelque chose subtilement.

Dans la méditation, on peut se rendre compte qu’on a une super vue, et puis dans l’action, ce n’est pas vraiment çà, et c’est frustrant, mais ça donne du courage pour revenir à la vue et à la méditation. Dans la vie quotidienne, on fonctionne comme ça. Notre action ne vient jamais de nulle part. On a des actions spontanées, mais cette spontanéité est préparée par quelque chose qui vient avant. L’action, c’est le moment où on vérifie à quel point est notre vraie vue et notre méditation.

La sagesse, c’est réaliser la vue. En général, la sagesse procède d’un esprit qui détient ce que les bouddhistes appellent la « vue juste ». Pourtant, on peut avoir la vue juste sans, pour autant, se considérer comme un bouddhiste.

Le premier sceau, c’est que toute chose composée est impermanente, c’est-à-dire soumis au changement, parce que tout est produit par de multiples causes et conditions.

L’impermanence, ce n’est pas simplement que tout change. C’est qu’on ne sait pas exactement comment ça va changer, ce qui va se passer, et c’est un peu insécurisant. C’est aussi ce qui nous amène sur le chemin spirituel. Cette impermanence, notre tendance naturelle, c’est tout simplement de ne pas la voir. C’est d’essayer de plein de façons, de trouver quelque chose pour se voir comme étant permanent. On n’arrête pas de faire ça.

La souffrance vient de ça. Quand vous souffrez de perdre quelque chose ou quelqu’un, une des raisons de cette souffrance c’est de croire que c’était pour toujours, que cette personne ou que cet objet, vous l’auriez toujours avec vous, dans le même état, et en réalité, non !

Ce qui caractérise le monde langagier mental dans lequel on vit la plupart du temps, c’est qu’il est caractérisé par une forme de permanence. Les choses sont ce qu’elles sont.

Nous sommes devenus imperméables à l’évidence du déclin. Nous nous donnons du courage en nous disant « Arrête d’y penser » et en multipliant les formules positives. Nous racontons des histoires et développons des projets censés remplir notre vie : maison à la plage, collection de trophées, belles voitures, célébrité. On essaie de remplir notre vie de choses qui nous distraient de cette réalisation.

Les êtres humains sont attirés par les images, les lignes, les formes, les couleurs. Regardez tout ce que nous avons autour de nous. Ce sont des moyens habiles. Les images sont des sortes de hochets. C’est une source de distractions. Mais c’est aussi quelque chose que l’on peut utiliser.

On a tendance toujours à chercher un point fixe. On se dit : je vais faire ceci, je vais faire cela et je vais me poser, et c’est là que la vraie vie va commencer. En attendant, comme notre vie réelle ne coïncide jamais avec la vie qu’on souhaite, on est toujours dans cette instabilité, ce qui rend l’impermanence doublement pénible. Parce que tout change, il faut sans cesse réadapter ça par rapport à nos plans. On est en quête d’une certitude que l’on a vraiment ce qu’on souhaite.

La seule vie réelle qu’on ait, c’est l’instant présent. Il n’y a pas de vie réelle en dehors de cet instant présent.